Grand Sud Maldives : Princesse sous l’équateur

Nous avions déjà déjà testé l’élégant Moonima lors d’une croisière autour d’Ari Atoll… Il nous restait à faire la connaissance du Princess Haleema son “binôme” d’une taille légèrement supérieure dans la flotte Seafari. L’opportunité de naviguer aux confins méridionaux de l’archipel nous a permis de plonger par 0° de latitude, dans une eau à… 39°C. Récit d’une croisière découverte.

Aéroport international de Male. A peine le temps de compenser les 4 heures de décalage horaire et la fatigue du voyage depuis Paris, nous voilà au comptoir de la compagnie « The Maldivian ». Quelques dollars plus tard pour excès de bagages et nous embarquons sur un Dash 8. Cap plein sud. Une brève escale à Kaadedhdhoo (si, si, ça s’écrit bien comme ça) et hop, l’appareil se pose à Kadhdhoo où Nicolas le boss de l’expédition nous accueille avec un sourire sur écran large.
Boiseries intérieures à l’ancienne, dignes d’un club londonien, le Princess Haleema semble tenir les promesses du dépliant publicitaire. La spacieuse cabine avec lit à baldaquins et confortables espaces de rangement aussi. Comme il se doit, Nicolas et sa compagne Barbara au délicieux accent québécois présentent le bateau, l’équipage et la plongée qui se fera à partir du dhoni, le bateau annexe, dédié au gonflage et au stockage des équipements personnels. Que demander de plus ?

POUSSIÈRE D’ATOLLS

Heureux présage, une baleine qui pourrait bien être une baleine bleue émerge à quelques encablures du bateau. Hélas, trop loin, trop farouche pour se laisser approcher. La plongée inaugurale se fait sur Maarndoo Wall, près de l’île aux oiseaux, une réserve protégée aux rivages interdits. Dans le sillage d’Achmed notre poisson-pilote, nous longeons un magnifique tombant couvert de corail noir et de gorgones coiffées dans le sens du courant, parmi lesquelles baillent aux corneilles des dizaines d’huîtres à charnières (Spondyles), à mon goût trop enclines à refermer leurs mâchoires hérissées d’épines à notre approche.
Récompense de cette première journée, deux requins baleines se joignent à nous au moment du dîner pour engloutir des milliers de poissons minuscules attirés par les phares disposés à la poupe. J’adore ces desserts surprise !

RICOCHETS INSULAIRES

Le propre d’une croisière étant d’égrener les sites par de brefs sauts de puce, nous nous y adonnons avec l’avidité propre aux plongeurs frustrés par un trop long hiver européen. À raison de trois plongées par jour, nous enchaînons les sites aux noms tous plus exotiques les uns que les autres : Gaafu Alifu atoll, Kooddoo kandu (kandu = passe en maldivien), Nilandhoo kandu, Maarehaa kandu, Gemanafushi beru, Maarehaa kandu, Fuvahmula, Maha kandu, Faamula beru…Kurhedoo kandu, Dhaandhoo kandu… et autres lieux à l’orthographe improbable, mais tous ou presque animés par un courant, disons… soutenu, pour édulcorer le propos. Cela dit, un courant propice à d’étonnantes rencontres. Ainsi, sur Gaafu Alifu atoll, dans la même plongée, nous croisons la route d’un superbe banc de platax, sommes survolés par une magnifique raie-aigle coopérative et surtout dénichons un requin zèbre (Stegostoma fasciatum) indolent, d’abord insensible aux éclairs de nos flashes, puis sans doute quelque peu agacé, se donnant en spectacle en de superbes évolutions sous le regard gourmand des objectifs. Un magnifique requin de plus en plus rarement rencontré en plongée, une exception dans ces riches eaux, semble-t-il puisque nous en observerons plusieurs au cours de la croisière.

Maarehaa Kandu : Rattrapé par le décalage horaire, il faut toute l’insistance de Didier mon binôme pour me traîner sur le dhoni. Bien lui en prend car sur la lèvre même de la passe, là où le fond pique brusquement vers les abysses, une raie pastenague éventail géante (Taeniurops meyeni) nous rend une visite de courtoisie. La belle enjuponnée que je soupçonne fortement de vouloir se faire admirer se livre à une chorégraphie d’une rare beauté dans la lumière crue des phares de mon partenaire. Une séance si forte qu’elle me vaudra de remonter avec l’aiguille du mano largement dans le rouge. Mais bon, quand il le faut…

Je profite de cet article pour envoyer un message amical à mes amis plongeurs adeptes de ces minuscules caméras encapsulées dans des conteneurs transparents - parfois étanches - pour leur dire bravo. Bravo pour la volonté de vouloir conserver des séquences souvenirs dans le but d’égayer vos soirées du samedi. Mais de grâce, évitez de les fixer à l’extrémité de perches - de plus en plus longues - un dispositif qui multiplie par 3 ou 4 l’espace que vous occupez dans le paysage. Pensez à vos camarades de palanquée avant de glisser votre dispositif télescopique dans le champ d’une caméra ou d’un appareil photo. Ils vous en remercient à l’avance.

REQUINS, TORTUES & C°

Que dire de la grande faune ? Chaque plongée nous apporte son comptant de requins dagsits, de requins corail, de carangues noires, prédateurs opportunistes, pour la plupart en embuscade côté océan lorsque le courant pousse leurs proies vers le lagon. Mais c’est surtout la seconde partie de ces plongées quelque peu sportives qui offre de belles opportunités photo, lorsque le survol des massifs coralliens met les plongeurs en présence de dizaines de tortues – vertes ou à écailles – peu farouches, prêtes à prendre la pose entre deux repas. Je pourrais aussi parler de ce magnifique spectacle d’un banc de plusieurs dizaines de mètres de long d’élégants chirurgiens à poitrine blanche (Acanthurus leucosternon) fouillant de concert le corail ou bien encore ce poisson-ballon étoilé (Arothron stellatus) cabotin en diable, prêt à tout pour être sur la photo.
Je déborderais volontiers du cadre de cet article s’il fallait tout dire et décrire chacune des rencontres. En revanche, il est important de souligner que, les jours passant, cette richesse partagée a transformé les gens. Chacun s’est mis progressivement en mode pause, en pratiquant le laisser-aller à tel point que le dîner rituel sur la plage et les différentes cérémonies d’au-revoir avaient déjà un petit goût de nostalgie. Échanges d’adresses, promesses de se retrouver sur les réseaux sociaux, et de « s’en refaire une petite » l’année prochaine… C’est aussi à ça qu’on reconnaît une croisière réussie.

LA CROISIÈRE GRAND SUD – AVEC QUI ?
SEAFARI
- www.seafaridiving.fr
Contact : info@seafaridiving.fr
https://fr-fr.facebook.com/Seafari-...

••• Retrouvez cet article dans le N° 138 de Plongeurs International (Mars/Avril 2016)

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